Développement Rural

L’AGRICULTURE ITINERANTE SUR BRULIS A ETE IDENTIFIEE COMME LA PRINCIPALE CAUSE DE DEFORESTATION EN RDC. LA GRANDE MAJORITE DES COMMUNAUTES FORESTIERES A L’EQUATEUR VIVENT DANS DES CONDITIONS D’EXTREME PAUVRETE, QUI LES RENDENT PARTICULIEREMENT DEPENDANT DES RESSOURCES FORESTIERES POUR SUBVENIR A LEURS BESOINS. UNE PAUVRETE A GRANDE ECHELLE ET L’ABSENCE D’ACCES A L’ELECRICITE FONT QUE LA POPULATION DEPEND DU BOIS ENERGIE, CE QUI UNE CAUSE IMPORTANTE DE DEFORESTATION. A TRAVERS DES METHODES DE « RECHERCHE-ACTION », LE WHRC TESTE DIFFERENTES ACTIVITES POUR TROUVER LA METHODE LA PLUS EFFICACE POUR REDUIRE LA DEFORESTATION ET AMELIORER LES CONDITIONS DE VIE DE CES COMMUNAUTES. LE WHRC TRAVAILLE AVEC UNE ORGANISATION NON-GOUVERNEMENTALE LOCALE, L’EQUIPE DE SOUTIEN AU DEVELOPPEMENT ENDOGENE (EADE) POUR METTRE EN ŒUVRE ET TESTER CES DIFFERENTES APPROCHES AU NIVEAU COMMUNAUTAIRE ET AVEC DES MENAGES.


Activités en cours :

Agroforesterie et gestion durable des sols : Pour encourager les pratiques agricoles plus durables, le WHRC, EADE et le Jardin Botanique d’Eala ont mis en place des placettes de démonstration d’agroforesterie pour mettre en avant comment un verger peut être une source de nourriture et de revenu additionnel, tout en préservant les sols. Le Projet Equateur a également offert des formations sous forme de « champs écoles » pour améliorer le rendement et la gestion de la fertilité du sol pour les cultures de subsistance comme le manioc et le maïs.

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Le chef de projet, Melaine KERMARC, et l’agronome, Robin BRUNET, inspecte la pépinière de Buya I.
La RDC est le premier consommateur mondial de manioc. Ici, on peut observer la préparation d’un pain de manioc, appelé « chikwangue » et qui est préparé en faisant fermenter de la purée de manioc dans une feuille de bananier. Cela permet une longue conservation, même dans le climat chaud et humide de l’Equateur.

 

Infrastructures Sociales : Bien qu’ils ne soient pas des causes directes de déforestation, les problèmes de santé et le manque d’accès à l’éducation jouent un rôle important comme facteur aggravant dans la déforestation et nuisent au développement de la Province sur le long terme. Le WHRC essai d’adresser ces facteurs indirects en mettant en place des infrastructures sociales, comme des écoles ou des points d’eau. L’accent est mis sur l’utilisation de matériaux locaux (bois, argile, briques locales…) afin d’éviter de déplacer les émissions de CO2. L’emploi de main d’œuvre local permet aussi au projet de stimuler l’économie locale, ainsi que d’offrir de nouvelles techniques et alternatives économiques aux communautés locales. D’autres activités visant les ménages, comme la production de foyers améliorés ou de séchoirs a manioc, essaient de réduire les besoins en bois énergie et les émissions produites pour la transformation des produits agricoles.

 

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Ces briques ont été produite avec de l’argile trouvée sur place, cela les rendant à la fois moins couteuses et plus respectueuse de l’environnement que des parpaings en béton. Elles sont également durables et versatiles pouvant être utilisés dans la construction d’écoles, mais également de foyers améliorés ou des séchoirs à manioc.

Les foyers améliorés peuvent réduire la consommation de bois de près de moitié. Cela signifie également que les femmes, qui sont en général en charge de la collecte de bois, peuvent réallouer le temps ainsi gagné à des activités génératrices de revenus ou autre.

 

Système Rizicole Intensifié (SRI) : La province de l’Equateur possède un marché pour le riz local, mais les rendements y sont très bas. La riziculture inondée a comme avantage de produire des rendements plus importants et d’être sédentaire, considérant la main d’œuvre nécessaire à la création d’un nouveau paddy. Le WHRC expérimente actuellement le Système Rizicole Intensifié (SRI), une méthode qui permet d’améliorer les rendements tout en limitant la consommation d’eau ou les besoins en intrants chimiques. Les premiers résultats sont très encourageants avec un rendement trois fois supérieurs à ceux observés localement.

 

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Déraciner les souches est un travail laborieux qui demande beaucoup de temps ; le plus souvent les agriculteurs sont forcés de les laisser et travailler autour.

Un villageois de Buya I commence la récolte de la placette expérimentale SRI.

 

Réhabilitation des sols dégradés : Traditionnellement, les communautés pratiquant l’agriculture itinérante sur brulis laissaient leurs champs en jachère pour une période de plus de 25 ans pour s’assurer que sa fertilité soit restaurée. Avec une population grandissante et une demande toujours plus grande pour des terres arables, la durée des jachères a fortement été raccourcie et les populations ont été forcées de déforesteur d’avantage pour accéder à des sols fertiles. De plus, la carbonisation permet de réduire le besoin de main d’œuvre nécessaire pour la préparation des champs et les cendres fertilisent les sols tropicaux pauvres en nutriments. Grace à une légumineuse appelée mucuna (mucuna bracteata et mucuna pruriens), le WHRC et EADE tente de réhabiliter des jachères dégradées abandonnées et ainsi améliorer la fertilité du sol pour permettre aux agriculteurs d’adopter un système de rotation des cultures sédentaire plutôt que de déforesteur constamment pour accéder à des sols fertiles. L’utilisation du mucuna permet non seulement de réduire de façon dramatique le temps de jachère (1 à 2 ans) et améliorer la fertilité du sol, mais réduit également la main d’œuvre nécessaire pour la préparation des champs du à son pouvoir recouvrant qui étouffe les mauvaises herbes.

 

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D’après les chiffres officiels, il existe plus de 44 000 hectares de plantations de cacao, huile de palme, hévéa (caoutchouc) et café abandonnées dans la province de l’Equateur

Le Mucuna est très efficace pour restaurer la fertilité d’un sol, réduire les mauvaises herbes et aider à sédentariser l’agriculture (rotation des cultures plutôt qu’agriculture itinérante sur brulis).

 

Genre et Individus Vulnérables : Le genre, la classe sociale, l’origine ethnique ou encore la capacité à accéder aux ressources foncières peuvent fortement limiter la capacité d’un individu à prendre ou bénéficier d’activités. Voilà pourquoi l’équipe du Projet Equateur tente d’impliquer systématiquement les individus de groupes vulnérables à la planification, la mise en œuvre et le suivi-évaluation des activités. En évaluant de manière critique nos travaux, nous essayons mettre en avant le principe d’équité et de trouver des façons innovantes de faire participer ces individus vulnérables. Une étude indépendante sur la participation au processus de consultation (FPIC) en fonction du genre a permis au WHRC de mieux appréhender certaines de faiblesses de ce processus et comment améliorer la participation des femmes aux activités*. Cette étude nous a également permis d’identifier les « migrants » provenant d’autres territoires de la province comme un groupe vulnérable des communautés a l’Equateur souvent ignoré en plus des femmes, des pygmées et des jeunes.

 

* Un lien vers cette étude est disponible ici.